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Le corps dans le thème

Section : Astrologie médicale Sections : 9

Ces textes sont un symbolisme, jamais un diagnostic. Ils disent où le corps est sensible et ce que cette sensibilité demande, et ils ne remplacent en rien l'avis d'un médecin, que je vous invite à consulter pour tout ce qui relève de la santé.

Ce que le corps dit

Il y a deux corps qui ne mentent jamais, le corps physique et le plan spirituel. Le corps émotionnel et le corps mental sont de grands menteurs, pas par perversion, mais parce qu'ils adorent se raconter des histoires, toutes les histoires affectives qu'on se fabrique et toutes les théories qu'on échafaude pour ne pas sentir. Le corps, lui, ne raconte rien. Il signe. Et quand on lit un thème pour ce qu'il dit du corps, on lit d'abord cette signature, l'endroit où ce qui n'a pas été symbolisé se met à parler dans la chair.

Une maladie peut se lire à trois niveaux, et les trois sont vrais en même temps. Au premier niveau, elle est un dysfonctionnement biochimique, et ce niveau appartient au médecin, à ses analyses et à ses traitements, je ne m'y substitue jamais. Au deuxième niveau, elle dit du sens : le corps signale qu'on n'est pas en accord avec son mythe fondateur, qu'une énergie qui devait circuler s'est coagulée quelque part, et le thème permet de nommer cette énergie et de savoir où elle demandait à passer. Au troisième niveau, la maladie peut être initiatique, transformatrice de la conscience, et c'est le cas chaque fois qu'une personne ressort d'une traversée du corps avec une autre manière d'habiter sa vie.

Tout ce qui suit se situe aux deuxième et troisième niveaux. Les correspondances entre les signes, les planètes, les maisons et les organes sont un symbolisme, transmis depuis les Anciens et vérifié par des siècles de pratique, et je les enseigne comme un langage, jamais comme un diagnostic. Un thème ne dit pas qu'une personne va tomber malade, il dit où son corps est sensible, quelle énergie y travaille, et ce que cette énergie demande. Quand quelque chose se passe dans le corps, on consulte, on fait les examens, on suit le traitement, et en parallèle on peut regarder le ciel pour comprendre ce que la chose vient dire. Les deux ensemble, jamais l'un contre l'autre.

Le grand guérisseur, dans le thème et dans la vie, c'est le Soi. Le Soleil est associé au cœur dans la symbolique du corps humain, et quand on remonte les niveaux du Soleil on trouve la vitalité, puis la conscience de soi, puis la conscience du Soi, puis l'éveil, qui est aussi la guérison, parce que le contact avec le Soi nous guérit nécessairement de ce qui, en nous, était résistance. Apollon guérit par la musique et par la parole de vérité. La parole de vérité guérit parce qu'elle nous remet simplement sur la voie de notre vérité intérieure, et voilà pourquoi la consultation, quand elle touche au corps, cherche moins l'organe que la phrase juste qui n'a jamais été dite.

Les corps que nous construisons

On ne naît pas avec tous ses corps. On les construit, et le zodiaque raconte cette construction dans l'ordre. Le Bélier construit le corps physique, le premier souffle, le premier cri, la colonne qui se dresse. Le Taureau construit le corps émotionnel, et il le construit en ressentant profondément dans sa chair tout ce qui lui survient, sans le dire, sans l'exprimer, parce que le corps émotionnel se fabrique par imprégnation. Les Gémeaux construisent le corps mental, en multipliant les expériences, les mots et les découvertes, avec le risque que je connais bien, la dispersion et l'épuisement nerveux.

Dans le système solaire, la même construction se lit autrement. La Lune, satellite de la Terre, porte le corps éthérique, celui qui donne la vitalité de fond, le type de sensibilité, la manière dont l'esprit se fait chair. Vénus et Mars portent le corps astral, le corps des émotions et du désir, ce que j'aime et comment j'agis. Mercure porte le corps mental, comment je pense. Et Saturne avec le Soleil construisent le corps causal, le corps de l'âme, la structure et la conscience d'être soi, le seul corps, disent toutes les traditions, qui subsiste après la mort. Au-delà, Uranus, Neptune et Pluton forment le corps intuitif, celui qui reçoit ce que les autres corps ne peuvent pas fabriquer.

Cette architecture compte pour lire le corps dans un thème, parce que chaque corps a sa manière de tomber malade. Le corps éthérique se bloque, le corps astral s'empoisonne de venins affectifs, le corps mental s'obsède, et le corps physique, lui, encaisse ce que les trois autres n'ont pas voulu traverser. Quand le Taureau enseigne que la conscience de vérité émerge de la conscience du corps, il dit exactement cela : le corps est le dernier à mentir et le premier à savoir.

Les quatre tempéraments

Les Anciens lisaient le corps par quatre tempéraments, et cette grille reste la plus sûre pour commencer, parce qu'elle regarde la personne entière avant de regarder l'organe. Le feu donne le tempérament bilieux, avec le Bélier, le Lion et le Sagittaire. La terre donne le tempérament nerveux, avec le Taureau, la Vierge et le Capricorne. L'air donne le tempérament sanguin, avec les Gémeaux, la Balance et le Verseau. L'eau donne le tempérament lymphatique, avec le Cancer, le Scorpion et les Poissons.

Pour trouver le tempérament d'un thème, on regarde dans quels éléments se tiennent les corps qui pèsent le plus, l'Ascendant, le Soleil et la Lune d'abord, puis les planètes personnelles, puis les sociales, et les trois lentes comptent moins parce qu'elles sont celles d'une génération. On ne cherche pas un calcul exact, on cherche une dominante et une carence, parce que la carence dit souvent plus que la dominante.

Le feu brûle vite et récupère vite. Il vit dans la fièvre, l'inflammation, l'accident par précipitation, la combustion trop rapide de ses réserves, et il se soigne par le mouvement, par l'air et par la dépense, jamais par l'immobilité qui le rend malade. Un thème sans feu manque de ce feu de relance, l'organisme récupère lentement et la vitalité de fond demande à être entretenue.

La terre tient. Elle vit dans la structure, les os, la peau, la digestion, l'assimilation, et elle tombe malade par excès de retenue, par ce qui ne circule plus, par la rigidité et par la lenteur. Elle se soigne par le rythme, par la régularité, par le concret. Un thème sans terre manque d'ancrage, la résistance de fond est fragile, et le corps a du mal à retenir ce qui le nourrit.

L'air circule. Il vit dans les nerfs, la respiration, la circulation, les échanges, et il tombe malade par le nerveux, par l'insomnie, par la dispersion et par la fuite. Je vous ai souvent dit pourquoi l'Occident développe tant le mental : parce que le mental est un lieu refuge où l'on n'est pas dans la souffrance. Un tempérament d'air sait cela mieux que personne, il monte dans la tête pour ne pas sentir, et le corps finit par réclamer. Un thème sans air manque de ce détachement, tout est vécu dans l'émotion et dans la chair, et la respiration, au sens large, demande à être apprise.

L'eau imprègne. Elle vit dans les liquides, la lymphe, le système hormonal, les muqueuses, la sensibilité, et elle tombe malade par rétention, par ce qui stagne, par la porosité aux ambiances et aux émotions des autres. Elle se soigne par le repos, par le retrait, par la protection. Un thème sans eau manque d'imprégnation, la personne a du mal à se laisser toucher, et le corps peut se dessécher au sens propre comme au figuré.

Les combinaisons parlent ensuite. Feu et air donnent une nature hyperactive qui brûle et s'agite, feu et terre une nature persévérante qui a besoin d'habitudes fixes, air et eau une alternance de vivacité et d'apathie, terre et eau une lenteur imprégnée qui somatise en silence. Mais aucun tempérament n'est bon ou mauvais, comme aucune planète ni aucun aspect, et le juger reviendrait à interrompre la lecture comme on interrompt le vivant.

Les douze signes et le corps, lus par axes

Un signe ne se lit jamais seul, il se lit avec le signe qui lui fait face, parce que l'opposé porte la fonction complémentaire, et parce que dans le corps le signe agit aussi sur la zone de son opposé par réflexe. La Balance travaille les reins, et les reins répondent à la tête du Bélier. Le Taureau travaille la gorge, et la gorge répond aux organes génitaux du Scorpion. Voilà pourquoi je présente les signes par paires.

Bélier et Balance, la tête et les reins

Le Bélier gouverne la tête, le cerveau, les yeux, le visage. Il est l'homme physique centré sur sa colonne vertébrale, le premier souffle, l'élan qui se dresse. Son énergie est celle du feu qui part, et le corps le montre par la fièvre, l'inflammation, les maux de tête, les blessures par précipitation, les coups reçus en allant trop vite. Le Bélier se soigne en dépensant son feu et en apprenant à le doser, jamais en le retenant, parce qu'un feu retenu remonte à la tête.

La Balance gouverne les reins, la vessie, la peau comme organe d'échange. Les reins filtrent la lymphe, maintiennent l'équilibre des sels et du pH, et ils fonctionnent toujours à deux, comme la Balance en toute chose. Les reins disent que pour que la relation fonctionne il faut laisser à la porte l'agressivité et la violence, symbolisées par le rouge du sang, mais qu'en laissant le rouge à la porte on laisse aussi l'engagement dans l'incarnation et l'acceptation de la souffrance qu'il représente. La Balance tombe malade là, dans ce qu'elle a filtré trop soigneusement pour rester aimable, et cela se lit dans les reins, la rétention, les déséquilibres, et par réflexe dans les maux de tête du Bélier qu'elle n'a pas voulu être.

Taureau et Scorpion, la gorge et les organes de la transformation

Le Taureau gouverne la gorge, le cou, le larynx, la thyroïde, et les articulations au sens ancien du mot, ce lien entre deux os qui est aussi un lien entre deux plans de conscience. Le Taureau sent tout dans sa chair, chaque chose de sa vie l'impacte profondément dans son corps, et plus il habite son corps, plus il se réalise. Sa maladie vient de ce qu'il a avalé sans dire, et la gorge est le lieu exact de cette parole retenue, avec la thyroïde qui règle le rythme de tout l'organisme comme le Taureau règle le sien. Il se soigne en revenant à la sensation, au concret, au corps qui dit vrai.

Le Scorpion gouverne les organes génitaux, le rectum, la vessie, tout ce qui élimine et tout ce qui transmet la vie. Son énergie est celle de la transformation, et le corps la montre par les crises, les infections qui purgent, les inflammations des zones basses, et par une puissance de récupération que peu de signes ont, à condition de descendre jusqu'au bout. Plus j'accepte de devenir l'éboueur de ma propre psyché, plus je me rapproche de moi-même, et le corps du Scorpion applique cette règle à la lettre : ce qui n'a pas été éliminé psychiquement s'élimine physiquement. Par réflexe, sa tension remonte dans la gorge du Taureau, le mot qu'il n'a pas dit devant le rapport de force qu'il a préféré gagner.

Gémeaux et Sagittaire, les poumons et le foie

Les Gémeaux gouvernent les poumons, les bronches, les bras, les mains, le système nerveux dans sa fonction de transmission. Le Gémeau devrait se souvenir que toute parole vient du cœur, qu'elle s'enracine dans les poumons, passe par la trachée et par la gorge avant de devenir un mot. Il tombe malade par le nerveux, par la dispersion, par la respiration courte de celui qui parle plus vite qu'il ne respire. Il se soigne par le souffle, par le silence choisi, par la réduction du nombre de choses menées à la fois.

Le Sagittaire gouverne les hanches, les cuisses, le fémur qui est l'os le plus long du corps, et le foie qui est l'organe le plus volumineux, et les deux disent la même chose, l'expansion. Le foie est l'organe qui a le plus grand feu, celui qui se recompose le plus vite lorsqu'il est blessé, et c'est aussi l'organe où l'on lisait l'avenir. Le Sagittaire tombe malade par l'excès, l'abondance, le trop de tout, et par la sciatique et les hanches qui portent un corps parti trop loin trop vite. Le centaure a les pieds dans la boue, un corps de cheval infiniment sensible à toute perturbation émotionnelle, une tête humaine et l'étoile en ligne de mire, et sa blessure, comme celle de Chiron, se loge au genou, la blessure du guérisseur qui ne guérit pas la sienne. Par réflexe, l'excès du Sagittaire retombe dans les poumons des Gémeaux, la respiration qui manque quand on a voulu tout embrasser.

Cancer et Capricorne, l'estomac et les os

Le Cancer gouverne l'estomac, les seins, l'utérus, la poitrine comme enveloppe, tout ce qui contient et nourrit. Le Cancer n'a qu'une chose à faire, métaboliser, faire sien, et l'estomac est exactement cela, un travail d'assimilation des expériences par la précision des états de conscience. Il tombe malade par ce qu'il n'a pas digéré, au sens propre, par les rétentions, par les fluctuations qui suivent l'humeur et les cycles, et par une porosité qui le fait absorber les états de ceux qu'il aime. Il se soigne par la protection, par le foyer, par le rythme, et par la digestion consciente de ce qui lui arrive.

Le Capricorne gouverne les os, le squelette, les genoux, la peau comme barrière, les dents, tout ce qui structure et tient. Lorsque la conscience arrive à la conscience des os, lorsque vous vous voyez comme un squelette, vous êtes proche de la transformation intérieure, et le Capricorne vit avec cette conscience, parfois trop tôt. Plus je sens mes os, plus je contacte l'essentialité de ma réalité intérieure. Il tombe malade par rigidité, par sécheresse, par ce qui se calcifie faute d'avoir cédé, par la déminéralisation quand la structure a trop porté, et par le froid. Il se soigne par la chaleur, par la souplesse apprise, et par le droit de poser le fardeau. Par réflexe, sa rigidité retombe dans l'estomac du Cancer, la nourriture affective refusée au nom du devoir.

Lion et Verseau, le cœur et la circulation

Le Lion gouverne le cœur, la colonne vertébrale dans sa partie dorsale, le dos, et la peau comme parure, celle qu'Hercule arrache au lion pour s'en vêtir et changer d'identité. Le cœur est dans la tradition le siège de l'intelligence, et le Soleil, maître du Lion, y a son domicile. Le Lion tombe malade par le cœur qui s'affole, par la tension, par le dos qui plie sous la fierté, et par l'usure d'un feu qui a voulu briller sans relâche. Plus je suis dans l'affirmation de ma puissance, plus je suis dans mon soleil, dit le Lion, et le corps demande que cette puissance passe par un cœur ouvert, le cœur tendu finissant toujours par se faire entendre.

Le Verseau gouverne la circulation, les chevilles, les mollets, le système nerveux dans sa dimension électrique, les rythmes. Il tombe malade par le nerveux, par les spasmes, par l'irrégularité, par les troubles de circulation, par l'impression que le sol se dérobe, et par l'excès d'électricité d'un mental qui ne s'arrête jamais. Plus j'ose ma différence, plus je suis moi-même, et le corps du Verseau réclame que cette différence trouve un rythme, la rupture permanente finissant par couper la circulation. Par réflexe, sa tension électrique retombe dans le cœur du Lion, le cœur qu'il a voulu tenir à distance pour rester libre.

Vierge et Poissons, les intestins et le système lymphatique

La Vierge gouverne les intestins, le pancréas, la rate, le tri de tout ce qui entre, l'analyse et l'assimilation fine. Elle tombe malade par le nerveux qui descend dans le ventre, par les troubles digestifs et d'assimilation, par l'inquiétude qui se somatise, et par l'exigence de perfection appliquée au corps lui-même. Plus je suis dans cette vérité de pureté jusqu'au bout de mes imperfections, plus je suis en contact avec le soin. On peut guérir par le bistouri, comme en Vierge, surtout si Mars est dominant, parce que Mars est le couteau sublimé dans un travail de guérison chez les chirurgiens et chez les infirmières, et notre époque, à dominante technologique, guérit surtout ainsi. La Vierge se soigne par la méthode, par l'hygiène, par la tâche bien faite, et par le droit à l'imperfection.

Les Poissons gouvernent les pieds, le système lymphatique, les humeurs du corps, les muqueuses, tout ce qui baigne et qui relie. Ils tombent malades par imprégnation, par rétention d'eau, par les infections qui entrent parce que la barrière est fine, par les dépendances qui offrent un refuge à une sensibilité qui n'en trouve pas, et par le flou des diagnostics, parce que le corps des Poissons se prête mal aux cases. Plus je m'ouvre à l'infini, plus j'accepte de me laisser ballotter par les grandes eaux, plus je me rapproche de moi-même, et le corps demande que cette ouverture soit protégée par un rythme, un sommeil, une frontière. Par réflexe, l'imprégnation des Poissons retombe dans les intestins de la Vierge, le tri qui n'a pas été fait.

Les dix planètes et le corps

La planète dit la fonction, et dans le corps la fonction est physiologique avant d'être psychologique. Mais chaque fonction se vit à trois niveaux, socioculturel, individuel, transpersonnel, et le corps ne tombe pas malade de la même façon selon le niveau où l'on se tient.

Le Soleil gouverne le cœur, la vitalité générale, la colonne comme axe, les yeux comme organes de la lumière. Au premier niveau il est vitalité, au deuxième conscience de soi, au troisième conscience du Soi, et au plus haut il est guérison. Un Soleil affaibli dans le thème, par sa position ou par ses aspects, ne dit pas une maladie, il dit une vitalité qui se cherche et qui se trouve quand la personne touche à ce qu'elle est.

La Lune gouverne l'estomac, les seins, les liquides, les cycles, le corps éthérique tout entier, la vitalité de fond et la manière dont l'esprit se fait chair. Elle dit comment on se nourrit, au sens large, et comment on récupère. Une Lune blessée parle de rythmes rompus, de sommeil, d'alimentation, de mémoire du corps, et à un autre niveau la Lune devient corps-temple, le lieu où l'on se nourrit pour faire émerger une nouvelle conscience de son corps.

Mercure gouverne le système nerveux, les poumons, les bras, les mains, la parole, la transmission de l'influx. Il dit la vitesse des échanges dans le corps, et il tombe malade par le nerveux, la fatigue de tête, l'insomnie, la respiration courte. La force vitale du Soleil s'est transformée en électricité avec Mercure, et cette électricité demande un corps mental impressionnable, pas un corps mental saturé.

Vénus gouverne la gorge, les reins, la peau comme surface de contact, le système veineux, les glandes qui donnent la forme féminine, la thyroïde. Planète du désir, planète des maladies vénériennes et planète du sens des valeurs, tout ensemble, parce que la relation amoureuse est la ruse du soin pour nous obliger à nettoyer notre cœur émotionnel. La ceinture de Vénus n'entoure pas le ventre, elle entoure le cœur, et c'est en l'ouvrant qu'elle attire l'amour et qu'elle guérit.

Mars gouverne les muscles, le sang dans sa force, la tête comme siège de l'élan, les organes génitaux masculins, les surrénales, tout ce qui coupe, pousse et défend. Il dit la fièvre, l'inflammation, l'accident, la blessure, et il dit aussi la capacité de récupération et de combat. Mars est le couteau, et le couteau blesse ou opère selon le niveau où l'on s'en sert.

Jupiter gouverne le foie, les cuisses, le fémur, les hanches, la croissance des tissus, et à travers le foie tout ce qui régénère et protège. Expansion spirituelle pour la cuisse, expansion de protection maternante pour le foie. Il tombe malade par l'excès, par l'abondance, par le trop, et sa blessure, dans le mythe de Prométhée, est ce foie dévoré le jour et recomposé la nuit, qui dit que le titan a besoin de retrouver l'obscurité et le silence pour retrouver sa puissance créatrice. Les problèmes de foie ou de vue, chez le prométhéen, disent un conflit entre le bonheur qu'on apporte aux siens et celui qu'on voudrait apporter à l'humanité, et les aspects entre Jupiter et Uranus signent ce genre de tension.

Saturne gouverne les os, le squelette, les dents, la peau comme barrière, les genoux, les articulations, l'oreille, et tout ce qui structure et limite. Il dit le principe de réalité dans le corps, la calcification, la sécheresse, le froid, la lenteur, la chronicité, et il dit aussi la solidité, la durée, la résistance de fond. Le capital osseux se développe pleinement entre vingt et un et vingt-huit ans, c'est-à-dire pendant le premier grand cycle de Saturne, et cette coïncidence n'en est pas une : Saturne construit la colonne de la même main qu'il construit le corps causal.

Uranus gouverne le système nerveux dans sa dimension électrique, les rythmes, les spasmes, les chevilles, les ruptures brusques. Le pouvoir fécondant de l'incohérence, avec ses risques. Il dit l'accident, la décharge, la rupture de rythme, la tétanie, et à un autre niveau la libération d'un corps qui se croyait enfermé.

Neptune gouverne le système lymphatique, les pieds, la glande pinéale, les muqueuses, l'immunité dans sa dimension de frontière, et tout ce qui dissout. Le pouvoir fascinant des grandes utopies, avec ses risques de désillusion. Il dit la porosité, l'intoxication, la dépendance, le flou, la maladie qui ne se laisse pas nommer, et à un autre niveau la capacité du corps à se laisser traverser sans se perdre.

Pluton gouverne les organes de la reproduction, l'élimination profonde, les cellules dans leur pouvoir de se régénérer ou de se dérégler, et tout ce qui meurt et renaît dans le corps. Il dit la crise, la transformation radicale, la chirurgie, et il dit aussi, quand il est intériorisé, que la puissance peut s'affirmer comme une capacité de métamorphose des cellules du corps, ce que les traditions appellent le corps de gloire et ce que la peur de la mort empêche la plupart d'entre nous de seulement envisager.

Les maisons où le corps parle

La maison dit le champ d'expérience, et quatre maisons parlent du corps plus que les autres, avec deux de plus qui parlent de l'endroit d'où vient la maladie.

La maison I et l'Ascendant disent le corps qu'on montre, la constitution, l'apparence, la vitalité de surface, et surtout la qualité que la personne a à apprendre, parce que l'Ascendant est l'horizon est au moment de la naissance et pas une qualité acquise. Le maître de l'Ascendant, sa maison et ses aspects disent où cette constitution se joue, et une planète collée à l'Ascendant marque le corps entier de sa fonction.

La maison II dit le corps qu'on a, ce qu'on a reçu, l'hérédité, le capital de départ, et j'y associe les maladies génétiques, celles qui font partie de notre mythe et qu'on ne guérit pas mais qu'on accomplit. La maison IV dit le corps qu'on est, le corps qu'on habite, les racines, le foyer, et lorsqu'une foule est debout sur la Terre, toutes les colonnes vertébrales se rejoignent au centre de la Terre si on les prolonge, voilà la maison IV, le corps enraciné.

La maison VI dit la santé au quotidien, l'hygiène, le travail, le service, et c'est la maison de la purification, celle où la maladie fait un genre de nettoyage et où les initiations passent parfois par le corps. La personne avec une maison VI chargée a souvent le choix, sans le savoir, entre être le serviteur familial, le guérisseur familial ou le malade familial, et la lecture consiste à lui rendre ce choix. J'y associe les maladies liées à la purification et à la transformation intérieure.

La maison VIII dit les crises, les opérations, ce qui meurt et renaît dans le corps, et j'y associe les maladies liées à l'environnement psychique, ce qu'on absorbe des autres et qui demande l'équivalent d'un exorcisme, une chirurgie, une purge, une transformation. La maison XII dit la maladie chronique, l'hôpital, la retraite forcée, ce qui isole, et à un autre niveau ce qui demande à être traversé dans le retrait pour être libéré.

Une maison est importante lorsque deux ou trois planètes s'y tiennent, ou lorsque le maître de l'Ascendant s'y trouve. Si le maître de l'Ascendant est en VI, la santé devient un champ structurant de la vie, et souvent un métier. S'il est en VIII, la personne se construit par les crises. S'il est en XII, elle se construit dans le retrait, et le corps réclame ce retrait quand elle le lui refuse.

Les aspects et les transits

Aucun aspect n'est bon ou mauvais. Le carré est une tension qui fabrique, la peur de ne pas y arriver qui oblige à construire. L'opposition est une dualité qui passe par la comparaison, par le jeu de yo-yo entre deux planètes, avant de devenir conscience. Le trigone est une facilité qui devient compétence si on s'en sert et paresse si on la laisse faire. Dans le corps, cela se traduit sans peine. Un carré entre deux fonctions dit une tension entre deux organes, deux systèmes, deux rythmes, qui demande un travail et qui, travaillée, donne une résistance. Une opposition dit une alternance, un balancement entre deux pôles du corps, souvent entre un signe et son réflexe. Un trigone dit une circulation aisée, une récupération facile, et le risque de compter dessus.

La conjonction est la source des sources. Deux fonctions fondues en une seule, et dans le corps une zone qui concentre deux énergies, favorable ou éprouvante selon la nature des planètes et selon ce qu'on en fait. Une conjonction de Mars et de Saturne parle de sécheresse et d'inflammation dans la même zone, de muscle et d'os qui tirent l'un contre l'autre, et elle donne aussi une endurance que rien ne casse.

Les transits ne provoquent rien. Ils ouvrent des fenêtres, ils indiquent des tendances, des signaux, des possibles, et ils ne doivent jamais enfermer une personne dans un destin. Une planète lente qui passe sur un point sensible du corps, sur l'Ascendant, sur le maître de l'Ascendant, sur la VI ou sur la Lune, dit que cette zone va parler, et ce qu'elle dira dépend de ce que la personne fait de l'énergie qui monte. Saturne qui passe sur la Lune parle de rythme, de sommeil, de nourriture, et il donne des mois pour mettre de l'ordre. Uranus qui passe sur Mars parle de décharge et d'accident, et il donne de quoi changer de vie avant que le corps ne le fasse à notre place.

Les rétrogradations font tout le travail intérieur que les planètes directes sont incapables de faire. Une planète rétrograde dans le thème intériorise sa fonction, et dans le corps elle dit une fonction qui travaille en dedans, plus lente à se manifester, plus profonde à transformer. Mars à Pluton rétrogradent autour de leur opposition au Soleil, et ce moment consiste à mettre en pleine conscience les dysfonctionnements accumulés depuis la conjonction et à revenir à l'idéal solaire du cycle. Une convalescence bien vécue fait exactement cela.

Les mythes et le corps

Chaque maladie peut avoir plusieurs causes, et parmi elles il peut y avoir une cause mythopathologique. Le corps va signer, il va donner cette signature, il dit qu'à travers telle ou telle pathologie il exprime le fait qu'on n'est pas en train d'accomplir son mythe fondateur. Voilà pourquoi le mythe dominant d'un thème se lit aussi dans le corps.

Prométhée, quand il domine un thème, parle du foie et des yeux, et sa blessure dit le conflit entre les siens et l'humanité, entre le feu qu'on a volé pour tous et l'intimité qu'on n'a plus pour soi. Chiron, le guérisseur blessé, parle du genou et de la blessure qu'on soigne chez les autres sans arriver à la soigner chez soi, et il demande de s'interroger en permanence pour savoir si on a soi-même guéri cette blessure. Hercule parle de la peau, de l'identité qu'on arrache et dont on se revêt, et de la force qui doit changer de peau pour ne pas se détruire. Apollon parle du cœur et des poumons, de la cage thoracique qui résonne comme une lyre, et il guérit par la musique et par la parole de vérité. Narcisse parle de l'image du corps, de la connaissance sensible de soi qui bascule dans la fascination. Orphée parle de l'harmonie, de la beauté, et de ce qui se perd quand on se retourne.

Aucun mythe ne se déduit d'un signe seul, jamais un Soleil en Scorpion ne suffit à faire un Faust, et la signature demande une dominante, une structure, une planète conjointe au maître de l'Ascendant ou à un angle. Mais quand la signature est là, le corps la confirme presque toujours, et c'est souvent par le corps que la personne accepte enfin de l'entendre.

Ce que je fais en consultation quand le corps est en jeu

Je pars de ce que la personne vit, une fatigue qui ne passe pas, une zone qui se bloque toujours au même endroit, une maladie diagnostiquée par son médecin et qu'elle voudrait comprendre. Je ne lis jamais le thème pour y chercher une maladie, je cherche dans le thème la trame de ce que le corps est en train de dire.

Je regarde d'abord le tempérament, la dominante et la carence d'élément. Je regarde ensuite l'Ascendant, son maître, la maison de ce maître, et ce qui touche l'Ascendant, parce que c'est la constitution. Je regarde la Lune, parce que c'est la vitalité de fond et le rythme. Je regarde la VI, la VIII et la XII, leurs maîtres et leurs occupants. Je regarde le signe qui porte la zone concernée, son opposé, et les planètes qui les gouvernent. Je regarde enfin les aspects qui relient tout cela, les transits qui passent, et le mythe qui se dessine.

Puis je traduis. Un organe devient une fonction, une fonction devient une énergie, une énergie devient une phrase que la personne peut vérifier contre sa vie. Je ne dis jamais que le thème annonce une maladie, parce qu'il ne l'annonce pas, et parce que la technique me sert de garde-fou contre mes propres projections. Je dis où le corps est sensible, ce que cette sensibilité demande, et à quel moment de la vie elle risque d'être sollicitée. Et je renvoie toujours au médecin pour ce qui relève de lui, parce que la lecture symbolique accompagne le soin, elle ne le remplace pas.

La question à poser, au fond, est toujours la même. Quelle vérité le corps est-il en train de dire, que ni le corps émotionnel ni le corps mental n'ont voulu entendre. Quand la personne trouve la réponse, la parole de vérité fait son travail, et le corps, souvent, n'a plus besoin de parler aussi fort.